Le Brézou, village abandonné, mythe ou réalité?

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Quand on évoque le village du Brézou on trouve de tout: village fantôme, village à vendre, village déserté, village survolé par des OVNIS, village sous l’emprise d’une secte, bref tout et n’importe quoi. Le Brézou est un petit hameau, considéré comme un lieu-dit de Brommat, un village voisin, situé dans la vallée de la Truyère au nord du département de l’Aveyron (12600). Le premier « mystère » commence avec le nombre d’habitants y ayant habité: 900. Le chiffre a de quoi surprendre puisque comme on peut voir sur Google map, Le Brézou n’est constitué que d’une vingtaine de maisons. La situation géographique compliquée (village accroché à flanc de montagne avec un seul point d’accès) laisse penser que ce chiffre est totalement improbable. Le village le plus proche, Brommat, bien plus imposant est peuplé par environ 644 âmes (source Wikipédia) ce qui en rapport rend le nombre d’habitants annoncé complètement inconcevable.

Pourquoi gonfler le nombre d’habitants me direz-vous? Pour accentuer l’étonnement des départs de la quasi-intégralité des habitants et faire parler pardi! 

Mais n’allons pas trop vite et commençons par… le commencement. Le village du Brézou est intimement lié à la construction d’un barrage hydroélectrique, le Barrage de Labarthe et d’une usine EDF. Ce barrage alimente deux installations souterraines dites Brommat 1 (construite autour de 1930 et ayant entraîné de nombreux accidents parmi les ouvriers (source Wikipedia) et Brommat 2 (construite dans les années 70, soit 15 ans avant la désertion des lieux pour « cause de maladies »). Le Brézou est donc essentiellement un village EDF, construit à un endroit stratégique proche des installations électriques. Le village se compose alors de plusieurs maisons construites sur un même schéma architectural mais, mystère numéro deux, on est sensé y trouver une église, un hotel, une mairie et une école. Sur place impossible de trouver la mairie et l’école à moins quelle soit le bâtiment adossé à l’église cadenassée. L’hotel, enfin ce qu’il en reste, est bien présent. Etrange d’avoir autant de bâtiments  dans un hameau aussi petit alors que Brommat dispose de tout ce qu’il faut à moins de 10kms de là… à moins que ce soient les restes d’un passé florissant. Tout ou presque aurait été démoli hormis les bâtisses EDF faisant plonger le nombre d’habitants a à peine 200.

Mais qui étaient donc les habitants et pourquoi une telle désaffection des lieux?

Si on en croit la légende, c’est un mystère. Par contre si on a un peu de bon sens, c’est aisément explicable. Le Brézou était un village EDF peuplé des employés de l’usine et de leurs familles (ceci expliquant peut-être la présence d’une école et d’un lieu de culte malgré la distance du village proche déjà pourvu de ces bâtiments) mais en 1985, EDF automatise sa centrale électrique ce qui va considérablement abaisser le nombres d’agents EDF nécessaires au bon fonctionnement des installations du géant de l’électricité. Le deuxième site EDF plus haut sur la montagne étant proche de Brommat, une partie des habitants du Brézou y sont déplacés vidant ainsi profondément le nombre d’habitants. On peut considérer que le nombre d’habitants a été divisé par 3 minimum en 1985.

Comment le village s’est-il totalement ou presque vidé ensuite?

Difficile à dire mais deux autres pistes peuvent expliquer certains départs. La première piste est financière. La situation géographique obligeait EDF à payer une prime d’isolement à ses agents et le fait de déplacer certains d’entre eux va créer des économies non négligeables.

La deuxième piste bien que plus tirée par les cheveux est que les habitants auraient contracté des maladies, physiques et psychologiques créées par les lignes haute tension qui traversent le village. Nathalie Kosciusko-Morizet  alors secrétaire d’État en charge de l’écologie a déclaré « qu’il est indéniable que ces rayonnements électromagnétiques émis notamment par les lignes à haute tension et d’autres sources posent un certain nombre de problèmes et qu’on est loin de tout savoir sur cette question”, dans Le Parisien et Aujourd’hui en France. Mme Kosciusko-Morizet poursuit et dit avoir “beaucoup travaillé sur les questions d’impact sur la santé des rayonnements électromagnétiques” quand elle était députée de l’Essonne, admet qu’on a eu beaucoup de mal à intéresser EDF à cette problématique”. La secrétaire d’État devait proposer une circulaire au ministre de l’écologie français, invitant les préfets à réglementer les permis de construire en dessous des lignes haute tension. Les risques, allant du cancer aux maladies mentale et aux suicides  (au dessus de la moyenne nationale) seraient donc vrais, mais de là à décimer presque 200 habitants… Il est donc fort probable que le nombre de base ait été fortement exagéré et que le chiffre de 900 habitants soit très exagéré. Mon opinion est que le nombre de 900 est plus à rapprocher de la totalité du nombre d’habitants de la commune de Brommat (même code postal) que du Brézou seul. Alors il n’y aurait plus aucun mystère, enfin si un dernier: L’hotel!

L’hotel du Brézou est par contre un mystère total. L’hotel qui comptait quelques 60 chambres a bel et bien existé, il en reste quelques ruines et surtout un muret avec « Hotel »inscrit dessus. Si on en croit la légende, le propriétaire, effrayé par on ne sait quoi se serait sauvé, laissant l’hotel tel quel, ouvert et encore rempli avec son mobilier. L’hotel finira par être acheté par une secte dont les agissements attireront les forces de l’ordre. La secte écartée, l’hotel sera finalement purement et simplement rasé, rien que ça.

Qu’en est-il de mon expérience sur place?

La visite s’est déroulée en deux temps. La première fois l’impression de vide et de désert était bel et bien présente mais quelques mois plus tard l’impression sera tout le contraire. Je m’explique:

La première visite se déroule en automne, il fait un peu gris. On longe la Truyère sur une petite route en parfait état (ils ont les moyens à EDF!) et au fond de la vallée on commence à voir une énorme centrale perchée bien au dessus de la Truyère. Juste derrière la centrale on aperçoit quelques maisons identiques ou presque: le Brézou. Mon impression immédiate me fait un peu penser à la série « le prisonnier » mais en montagne, pas au bord de la Manche. On aborde la montée assez raide; juste avant la centrale, dans un virage trône une énorme machine sur ce que l’on pense être un parking, mais qui est en fait un terrain de basket abandonné encore entouré de grillages.

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Un peu plus loin, au virage suivant c’est le parking de la centrale, juste en dessous du village. On continue l’ascension et nous voilà enfin au fameux Brézou! Je prends la première à droite, une petite descente nous amène sur un parking devant une église assez moderne fermée par des chaines et un cadenas. « Bon début! » On fait le tour et on se rend compte que la végétation commence doucement à « manger » l’arrière du bâtiment qui semble abriter à gauche de l’église proprement dite ce que j’identifie comme l’école, le bâtiment n’ayant pas grand chose à voir architecturalement avec l’église. Les maisons sont grandes, solides avec de la grosse pierre encastrée dans les murs et elles disposent toutes d’un peu de terrain.

On commence l’exploration en montant sur la route principale où les lignes haute haute tension qui passent au dessus de nos têtes crépitent un peu comme pour nous accompagner dans notre visite.

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Le premier virage est à flanc de montagne et une porte est encastrée directement dans la roche. Où conduit-elle? dans les entrailles de la montagne, vers la fameuse usine souterraine? 

Nous quittons la route aussitôt pour un chemin qui s’arrête sur l’entrée énorme d’un tunnel lui aussi creusé à même la roche. A droite de la grille des indications nous alertent sur les dangers (amiante) ce qui nous invite à faire demi tour.

Nous revenons sur nos pas, continuons notre ascension et nous rencontrons la première (et unique) personne que nous verrons dans le village. Un parking abrite 2 voitures, pas une de plus. On continue à monter jusqu’à un mur qui se trouve être le vestige du mur d’enceinte de l’hotel. Il ne reste que de maigres fondations et un boitier EDF rouge, perdu au milieu des arbustes et herbes qui reprennent leur place sur leur territoire. Demi tour, on revient sur nos pas et empruntons une rue plus qu’étrange. Celle-ci est reliée à la route principale par un escalier en béton totalement rongé par les herbes. C’est certain on n’y passe pas souvent!

La première chose qui me choque est la présence d’une ligne de niveau d’eau contre le muret qui suit la route. Avec toute les évacuations d’eau possible et la pente assez prononcée du lieu, à quoi bon vouloir mesurer le niveau d’eau? Les villages environnants disposent de piquets courants dans les villages souvent enneigés mais dans ce village point de piquets juste le niveau de l’eau (?!). La rue continue et se termine d’une façon assez spectaculaire: c’est en effet un cul de sac fermé par une maison avancée au milieu de la route qui arbore sur le côté un panneau indiquant que l’on arrive à Brézou… on est au courant!  La visite va s’écourter car urbanxplomiss commence à avoir des maux de tête (ah? un point vérifié!) et nous repartons assez étonnés par ce village que nous qualifions d’abandonné… ou presque.

Cette visite bien que très intéressante m’avait laissé sur ma faim mais à chaque fois que j’évoquais un retour au Brézou, un refus net et sans bavure était la seule et unique réponse à mon désir d’y retourner jusqu’au week-end dernier (je suis tenace!!).

On reprend la route, on arrive au Brézou et on commence par le terrain de basket… vide. « Mon dieu même la turbine EDF stockée ici il y a quelques mois a fuit le village c’est dire! ». La centrale à son parking vide, pas une voiture. On continue et nous voila au Brézou. C’est bizarre tout est comme avant mais… en mieux. L’herbe folle est coupée, c’est propre, il y a des poubelles communes, les maisons ont les fenêtres ouvertes, c’est vivant! L’église/école est toujours là et fermée à double tour mais elle semble le seul vestige d’un village abandonné qui ne l’est plus, ou tout du moins plus tout à fait. Déçu, je suis déçu. Je me décide à poursuivre la route, monter plus haut que d’habitude vers Brommat. Une série de virages nous amène vers un groupe de garages. Ils sont tous peints fraichement ce qui confirme mon impression, y a d’la vie au Brézou!

A la sortie du village (la seconde lol) où nous n’étions pas allé la première fois il reste un dernier mystère: Un bâtiment assez ancien trône en haut d’une grande structure métallique, une sorte d’échafaudage géant dont l’accès se fait par un escalier. L’aspect général est vieux mais une poutre en acier couleur jaune criarde en dessous comme neuve attire immédiatement les regards.

Pourquoi surélever un bâtiment en pleine montagne? en bas on identifie un « bidule » circulaire muni d’un « chapeau » entouré de barrières que Miss pense être un puit. Pourquoi pas, enfin plutôt pourquoi un puit en montagne, creusé directement dans la roche? On n’en sait rien mais un mystère subsiste encore au Brézou, on n’est pas venu pour rien!

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6 réflexions sur “Le Brézou, village abandonné, mythe ou réalité?

  1. Je serai très intéressé de savoir qui a photographié ma maison et mit la photo de ma maison sur le net sans mon autorisation, je somme cette personne de retirer CELLE CI 24 le Brézou sous 24 heures, sinon je porte plainte pour atteinte a ma vie privée, et je réclame auprès des tribunaux des dommages et intérèts . Si cette personne a envie de raconter des histoire à dormir debout, quelle vienne me voir, je lui raconterai des histoires de Brézoullieux
    signé: Un extra terrestre venu d’ailleurs depuis 13 ans et qui ce trouve très bien au Brézou, et surtout ne venez pas y habiter car il y a des fantômes. ABRUTIE !!!!

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    1. Bonjour (la politesse passe avant tout non?). La photo a été modifié afin que rien ne puisse vous nuire Jacques, on ne sait jamais dans le village je ne voudrais pas qu’il y est des querelles de voisinage avec les jaloux! L’envie de vous rencontrer, vu vos propos, je m’en passerai. Il prouvent en tout cas que vous n’avez pas lu l’article qui montre au contraire que malgré tout ce qui se dit, je n’ai rien constaté de pareil, donc non à mon grand regret pas d’extraterrestres, pas de fantôme, rien. Pour ce qui est d’y habiter, la lecture de vos propos injurieux (on peut réclamer des dommages et intérêts pour avoir été insulté?) n’y incite guère. Peut-être une piste sur l’abandon du village qui m’avait échappé!

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